Conditions de travail des agents de police : une nécessaire prise de conscience

J’ai rendu visite ce mois-ci aux agents de police du commissariat de Sanary-sur-Mer ainsi que de la Direction Départementale des Services de Police (DDSP) à Toulon.

J’ai pu y constater par moi-même les conditions de travail alarmantes que nos forces de l’ordre subissent au quotidien. Le malaise évoqué aujourd’hui par les agents n’est pas surprenant : terrorisme, violences urbaines, politique du chiffre, locaux insalubres, dévalorisation, éloignement familial… Les conditions de travail dans les commissariats nécessitent une prise de conscience rapide de la part du gouvernement.

D’autre part, depuis le début de l’année, 46 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort, dont six policiers et deux gendarmes ces derniers jours. Si d’autres facteurs, plus personnels, peuvent effectivement interférer, on ne peut écarter le lien avec le milieu professionnel.

C’est pourquoi, j’ai souhaité interpeller M. Gérard Collomb, Ministre de l’Intérieur, en soumettant auprès du gouvernement une question écrite sur la nécessité d’une revalorisation des ressources allouées, ainsi que d’une décentralisation budgétaire pour que chaque unité puisse gérer plus efficacement ses moyens humains et matériels.

De plus, le 14 novembre dernier, lors de la séance des questions au gouvernement, ma collègue Séverine Gipson a également interrogé M. Gérard Collomb pour connaître le plan d’action du gouvernement visant à améliorer les conditions de travail et à prévenir les suicides chez nos forces de l’ordre.

 

 

Novembre 2017 : Question écrite soumise par Mme Emilie Guérel, députée du Var

Conditions de travail des agents de police

Mme Émilie Guerel appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur sur les conditions de travail alarmantes d’une grande partie des agents de police. Dans le Var, notamment, la Direction Départementale des Services de Police rencontre des difficultés financières grandissantes. Les agents travaillent au quotidien dans des bâtiments insalubres, utilisent des véhicules particulièrement vétustes pour se déplacer dans le cadre de leurs missions, et souffrent d’un manque d’équipements de sécurité pour les forces directement exposées aux agressions. Face au manque de moyens humains et matériels, nombre d’entre eux se disent « à bout ». Les acteurs locaux préconisent une décentralisation budgétaire afin que chaque territoire puisse gérer plus efficacement, et de façon plus pertinente, les ressources allouées, en fonction des besoins très spécifiques des unités locales. Le gouvernement a annoncé le recrutement de 10 000 agents supplémentaires, dont une bonne partie devrait être allouée aux forces de police, et a réaffirmé la création d’une Police de Sécurité du Quotidien. Mme Emilie Guérel souhaiterait connaître plus précisément la vision actuelle de M. le ministre de l’intérieur sur ce sujet, ainsi que le plan d’action proposé pour les années à venir.