Défense du bien-être animal : un sujet sociétal incontournable

Dans le cadre de l’examen du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable, je me suis engagée pour la cause animale, et ai soutenu trois amendements que vous trouverez ci-dessous.

Si des efforts ont été faits dans le cadre de la législation européenne ces dernières années, la France est encore à la traîne sur de nombreux sujets relatifs à la traite des animaux.

Or, j’en suis intimement convaincue, « la grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés à la manière dont celle-ci traite ses animaux ».

 

  • Amendement concernant l’appellation « foie gras » en France

Cet amendement vise à élargir l’appellation « foie gras » pour ne pas la restreindre à la pratique du gavage.

En effet, en l’état, l’article L. 654-27-1 du Code rural bloque la mise sur le marché en France de foie gras obtenu sans gavage. La production de foie gras française est aujourd’hui la seule qui oblige à l’alimentation forcée des animaux par gavage.

A titre d’exemple, la société espagnole La Pateria de Sousa, primée au Salon international de l’alimentation 2006 pour son foie gras d’oie obtenu sans gavage, commercialise son produit partout dans le monde mais cela lui est interdit en France.

Il semble donc souhaitable que les citoyens français puissent, comme tout autre ressortissant européen, avoir la possibilité de consommer du foie gras obtenu sans gavage.

 

  • Amendement concernant la transparence des contrôles en abattoirs

Cet amendement a pour objet de rendre les contrôles des abattoirs transparents.

Lors de l’inspection des abattoirs lancée par Stéphane Le Foll en 2016, l’ensemble des rapports d’inspection détaillés avaient été rendus publics. Désormais, ceux-ci ne sont plus accessibles.

Depuis le 3 avril 2017, les résultats des contrôles sanitaires dans les abattoirs publiés sur la plateforme dédiée « Alim’Confiance » affichent un avis général sur le « niveau de maîtrise sanitaire de l’établissement puisque le résultat du contrôle concerne également le respect des normes en matière de protection des animaux ».

Cela reste insuffisant au regard des attentes des citoyens en matière de transparence, d’autant plus que tous les établissements d’abattage n’y sont pas référencés.

Les rapports d’inspection ayant déjà été publiés officiellement, il semble légitime d’inscrire dans la loi l’obligation de les rendre publics.

 

  • Amendement concernant l’interdiction de la castration à vif des porcelets

Cet amendement vise à interdire la castration à vif des porcelets.

Décriée depuis des années par les associations de protection animale, la castration à vif des porcelets perdure pour des raisons liées à l’apparition d’une odeur incommodante à la première cuisson de la viande. Or, certaines études scientifiques indiquent que la viande de seuls 5 % des mâles est susceptible de révéler cette odeur et que tous les consommateurs n’y sont pas sensibles. La mise en place d’un système de détection des carcasses odorantes sur la chaîne d’abattage a fait ses preuves et il est aujourd’hui utilisé pour 15 % des cochons mâles en France.

De nombreux voisins européens se sont engagés dans la voie de l’interdiction de cette pratique à l’image de la Suisse, la Suède, la Norvège ou bien plus récemment l’Allemagne avec une interdiction effective en 2019. Selon un sondage Yougov mené en 2017, 85 % des Français se sont déclarés défavorables aux mutilations pratiquées sur les cochons.