Question N° 10733 : Place des langues régionales dans l’enseignement public

Place des langues régionales dans l’enseignement public

Mme Émilie Guerel interroge M. le ministre de l’éducation nationale sur la place des langues régionales dans l’enseignement public. En effet, si les gouvernements successifs ont régulièrement exprimé leur intérêt et leur considération pour ces langues, aucun cadre réglementaire précis n’est pour le moment fixé, malgré l’article 75-1 de la Constitution qui indique que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Or l’enseignement de ces langues se trouve aujourd’hui confronté à de nombreuses difficultés. À titre d’exemple, celui de l’occitan-langue d’oc doit faire face à des contraintes de plus en plus menaçantes pour l’existence de la langue : disproportion entre les besoins et le nombre de postes attribués chaque année au concours de recrutement des enseignants du secondaire (CAPES d’occitan-langue d’oc), difficulté à assurer localement la continuité de l’enseignement de la langue entre le primaire, le secondaire et le supérieur, absence, dans certaines académies, de tout dispositif de formation des maîtres, disparité des situations d’une académie à l’autre. L’article 2 de la Constitution, modifié en juin 1992, affirme que « la langue de la République est le français », ce que nul ne remet en cause. Cependant, dans sa formulation actuelle, cet article est régulièrement invoqué pour empêcher toute avancée en faveur de la diversité des langues régionales, créant ainsi une confusion entre les notions de « langue commune » et « langue unique ». Un amendement visant à ajouter les termes « dans le respect des langues régionales » avait, d’ailleurs, déjà été rejeté. C’est pourquoi, il convient aujourd’hui de permettre un nouveau débat à ce sujet, notamment dans le cadre de la réforme de la Constitution, actuellement à l’étude. Elle souhaite donc savoir si, sur ce thème, le Gouvernement a pour ambition de mettre en place une véritable politique nationale, cohérente et dynamique avec des moyens spécifiques attribués à l’enseignement des langues régionales dans l’école de la République, permettant de renforcer, entre autres, l’information auprès des familles sur l’intérêt cognitif et citoyen de l’apprentissage de ces langues.