Question N° 10839 : Prise en charge des personnes autistes en France

Prise en charge des personnes autistes en France

Mme Émilie Guerel appelle l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l’accompagnement et la prise en charge des personnes autistes en France. Selon les associations, ce handicap affecterait environ 650 000 individus en France, soit un nouveau-né sur cent. Face à ce constat inquiétant, le Président de la République a lancé, en juillet 2017, la stratégie nationale pour l’autisme 2018-2022, dotée de 340 millions d’euros et annoncée comme une priorité du quinquennat. Cependant, malgré cette initiative louable, certaines problématiques auxquelles les personnes atteintes de troubles autistiques et leurs familles sont exposées restent peu abordées. Parmi elles, l’accès aux soins ainsi que la formation des personnels médicaux, paramédicaux et sociaux. D’autre part, l’ « exil » croissant des Français autistes vers la Belgique est un phénomène qui mérite toute l’attention des pouvoirs publics. Après avoir été confrontés aux carences du système d’accompagnement français, 4 500 adultes et 1 500 enfants français résideraient sur le territoire belge. Pointés par plusieurs associations, ces départs sont notamment motivés par les solutions de scolarisation proposées en Belgique où de nombreuses classes spécialisées ont été créées. Ces départs sont actuellement financés par la sécurité sociale ainsi que par les départements français et représenteraient un coût proche de 400 millions d’euros. Or ces fonds colossaux pourraient être précisément déployés pour le développement de solutions d’accompagnement et de scolarisation des personnes autistes sur le territoire national. Face à une telle situation qui ne cesse de s’aggraver, elle souhaite savoir, d’une part, quels moyens spécifiques le Gouvernement compte mettre en œuvre pour lutter contre ces départs massifs de personnes autistes vers la Belgique et d’autre part, si des mesures sont prévues pour améliorer l’accès aux soins des personnes autistes ainsi que la formation des personnels médicaux, paramédicaux et sociaux.