Question n°13566 : Avantage spécifique d’ancienneté dans la police nationale

Mme Émilie Guerel attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la non-reconnaissance de l’avantage spécifique d’ancienneté (ASA) dans la police nationale. L’ASA, défini par l’article 11 de la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991, a été complété successivement par le décret n° 95-313 du 21 mars 1995, qui précisait les conditions d’octroi de cet avantage, ainsi que par un arrêt du Conseil d’État n° 229547 en date du 9 février 2005, qui confirmait la rétroactivité des effets de l’ASA au 1er janvier 1995 pour tous les fonctionnaires, y compris les fonctionnaires de police. De plus, l’arrêté du 3 décembre 2015 a fixé une nouvelle liste des circonscriptions de police ouvrant droit à l’ASA à compter du 16 décembre 2015. La directive (NOR : INTC1605372J) en date du 9 mars 2016, publiée au BOMI n° 2016-4 du 15 avril 2016, a prévu la régularisation de la situation des fonctionnaires de police pour la période comprise entre le 1er janvier 1995 et le 16 décembre 2015. Or, à ce jour, l’administration n’a régularisé que très peu de dossiers. Celle-ci oppose le principe de la prescription quadriennale, afin d’éviter le paiement de l’ASA au-delà de quatre années, quand bien même l’affectation du fonctionnaire remonterait au 1er janvier 1995. Plusieurs recours contentieux contre l’administration sont actuellement en cours, et reposent sur le fait que pour opposer la prescription quadriennale, les services gestionnaires ne pouvaient prendre comme point de départ du délai de prescription la date des services accomplis par le fonctionnaire, mais bien la notification de la décision individuelle de reconstitution de carrière consécutive à la publication de l’arrêté du 3 décembre 2015 et de la circulaire du 9 mars 2016. Ces recours obtiendront effectivement gain de cause. Cependant, il s’agit là d’un signal particulièrement négatif envoyé aux policiers, qui doivent se battre pour faire valoir leurs droits. Nombre d’entre eux attendent cette reconnaissance depuis le 1er janvier 1995. Le Gouvernement est fortement attaché au service public de sécurité ; la résolution de cette problématique, hors contentieux, serait un message fort de soutien auprès de la représentation nationale. C’est pourquoi elle souhaite savoir s’il envisage de lever les effets de la prescription dont il est question, au bénéfice de l’ensemble du corps de police de France.